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 Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme

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Pétunia
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MessageSujet: Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme   Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme EmptyMar 25 Fév 2020, 19:47

25/02/2020


Au Nigeria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme

Un groupe interreligieux composé de fidèles musulmans et chrétiens sensibilise les différentes communautés du pays pour prêcher la paix et lutter contre l'instrumentalisation de la religion du groupe jihadiste Boko Haram.
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MessageSujet: Re: Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme   Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme EmptyMar 25 Fév 2020, 19:47

500 personnalités nigériannes faisant partie de la NIFROP (Organisations nationales religieuses et interconfessionnelles pour la paix) ont lancé cette campagne le 21 février dernier à travers le pays, à l'issue d'une prériode de jeûne et de prière qui a duré trois semaines. Dans un communiqué, les membres de la NIFROP expliquent le sens de leur démarche: contrer tous ceux qui propagent la violence et destabilisent le pays, à commencer par le groupe terroriste Boko Haram. 

«Ces terroristes n'ont rien à voir avec le christianisme ou l'islam. Un message fort devrait être envoyé à tous pour qu’ils comprennent que Boko Haram, les ravisseurs, les bandits, les groupes criminels, et tous les terroristes, n'ont rien à voir avec le christianisme ou l'islam» écrivent-ils dans un communiqué. «Qu’ils trouvent la paix aux yeux de Dieu et se détournent de leurs mauvaises intentions et de leurs actes».



Contre les messages de divisions




Les promoteurs de cette campagne appellent les leaders religieux musulmans comme chrétiens à s'unir dans cette démarche de paix qui ambitionne de maintenir la cohésion du pays, en préchant un message de paix dans les églises comme dans les mosquées du pays. 



Ils cherchent à contrer les messages de haine et de division qui pourraient conduire le pays le plus peuplé du continent à une guerre civile. Ce n'est pas la première initiative portée par la NIFROP. L'an dernier déjà, à l'appel de l'organisation, chrétiens et musulmans avaient prié ensemble à l'issue du ramadan pour que le pays puisse continuer à vivre dans l'unité, malgré les tentatives de destabilisation.




Apparu en 2002, Boko Haram, qui a fait allégeance à l'Etat Islamique en 2015 aurait selon l'ONU assassiné plus de 8 000 personnes dans le pays et enlevé plusieurs milliers de femmes pour en faire des esclaves sexuelles. Le 20 février, le gouverneur de l'Etat de Borno, où le groupe terroriste est particulièrement influent avait déclaré que le Nigeria avait besoin de 100 000 soldats supplémentaires pour combattre efficacement le groupe jihadiste. 



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BERNARD

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MessageSujet: Re: Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme   Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme EmptySam 29 Fév 2020, 06:56

Pétunia a écrit:
500 personnalités nigériannes faisant partie de la NIFROP (Organisations nationales religieuses et interconfessionnelles pour la paix) ont lancé cette campagne le 21 février dernier à travers le pays, à l'issue d'une prériode de jeûne et de prière qui a duré trois semaines. Dans un communiqué, les membres de la NIFROP expliquent le sens de leur démarche: contrer tous ceux qui propagent la violence et destabilisent le pays, à commencer par le groupe terroriste Boko Haram. 

«Ces terroristes n'ont rien à voir avec le christianisme ou l'islam. Un message fort devrait être envoyé à tous pour qu’ils comprennent que Boko Haram, les ravisseurs, les bandits, les groupes criminels, et tous les terroristes, n'ont rien à voir avec le christianisme ou l'islam» écrivent-ils dans un communiqué. «Qu’ils trouvent la paix aux yeux de Dieu et se détournent de leurs mauvaises intentions et de leurs actes».



Contre les messages de divisions






Les promoteurs de cette campagne appellent les leaders religieux musulmans comme chrétiens à s'unir dans cette démarche de paix qui ambitionne de maintenir la cohésion du pays, en préchant un message de paix dans les églises comme dans les mosquées du pays. 



Ils cherchent à contrer les messages de haine et de division qui pourraient conduire le pays le plus peuplé du continent à une guerre civile. Ce n'est pas la première initiative portée par la NIFROP. L'an dernier déjà, à l'appel de l'organisation, chrétiens et musulmans avaient prié ensemble à l'issue du ramadan pour que le pays puisse continuer à vivre dans l'unité, malgré les tentatives de destabilisation.




Apparu en 2002, Boko Haram, qui a fait allégeance à l'Etat Islamique en 2015 aurait selon l'ONU assassiné plus de 8 000 personnes dans le pays et enlevé plusieurs milliers de femmes pour en faire des esclaves sexuelles. Le 20 février, le gouverneur de l'Etat de Borno, où le groupe terroriste est particulièrement influent avait déclaré que le Nigeria avait besoin de 100 000 soldats supplémentaires pour combattre efficacement le groupe jihadiste. 



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Qui paye et finance BoKo Haram ?
On dit , on entend dire que les pays du golf les aident indirectement .
Cela reste à prouver mais comme on dit il n'y a pas de fumée sans feu !
Comment un groupe minoritaire composer de proxénètes notoires peut-il avoir un armement plus moderne que l'armée officielle du Nigéria?
Il faut soutenir dans ce pays et partout dans le monde ceux qui œuvrent pour la paix et le bien vivre ensemble.

Faut-il intervenir directement et massivement dans ce pays pour aider un gouvernement qui ne soit pas corrompu ?
Ou entretenir la pagaille pour le plaisir des grande compagnies minière et pétrolière des ancien pays colonisateurs ?

Il faut cesser de soutenir les Nabab du pays et des pays limitrophes .

Les richesse de l’Afrique profitent à qui ? aux Nabab de la finance. qui ne sont pas africains.
Une forme moderne de la colonisation et la y-a comme un silence complice des situation de conflits dans le monde.

Pourquoi fait-on des pipelines pour le pétrole et pas pour transporter de l'eau là ou elle manque ?
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Thierry Jean




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MessageSujet: Re: Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme   Au Nigéria, une campagne interreligieuse contre le terrorisme EmptySam 29 Fév 2020, 10:34

BERNARD a écrit:
Pétunia a écrit:
500 personnalités nigériannes faisant partie de la NIFROP (Organisations nationales religieuses et interconfessionnelles pour la paix) ont lancé cette campagne le 21 février dernier à travers le pays, à l'issue d'une prériode de jeûne et de prière qui a duré trois semaines. Dans un communiqué, les membres de la NIFROP expliquent le sens de leur démarche: contrer tous ceux qui propagent la violence et destabilisent le pays, à commencer par le groupe terroriste Boko Haram. 

«Ces terroristes n'ont rien à voir avec le christianisme ou l'islam. Un message fort devrait être envoyé à tous pour qu’ils comprennent que Boko Haram, les ravisseurs, les bandits, les groupes criminels, et tous les terroristes, n'ont rien à voir avec le christianisme ou l'islam» écrivent-ils dans un communiqué. «Qu’ils trouvent la paix aux yeux de Dieu et se détournent de leurs mauvaises intentions et de leurs actes».



Contre les messages de divisions







Les promoteurs de cette campagne appellent les leaders religieux musulmans comme chrétiens à s'unir dans cette démarche de paix qui ambitionne de maintenir la cohésion du pays, en préchant un message de paix dans les églises comme dans les mosquées du pays. 



Ils cherchent à contrer les messages de haine et de division qui pourraient conduire le pays le plus peuplé du continent à une guerre civile. Ce n'est pas la première initiative portée par la NIFROP. L'an dernier déjà, à l'appel de l'organisation, chrétiens et musulmans avaient prié ensemble à l'issue du ramadan pour que le pays puisse continuer à vivre dans l'unité, malgré les tentatives de destabilisation.




Apparu en 2002, Boko Haram, qui a fait allégeance à l'Etat Islamique en 2015 aurait selon l'ONU assassiné plus de 8 000 personnes dans le pays et enlevé plusieurs milliers de femmes pour en faire des esclaves sexuelles. Le 20 février, le gouverneur de l'Etat de Borno, où le groupe terroriste est particulièrement influent avait déclaré que le Nigeria avait besoin de 100 000 soldats supplémentaires pour combattre efficacement le groupe jihadiste. 



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Qui paye et finance BoKo Haram ?
On dit , on entend dire que les pays du golf les aident indirectement .
Cela reste à prouver mais comme on dit il n'y a pas de fumée sans feu !
Comment un groupe minoritaire composer de proxénètes notoires peut-il avoir un armement plus moderne que l'armée officielle du Nigéria?
Il faut soutenir dans ce pays et partout dans le monde ceux qui œuvrent pour la paix et le bien vivre ensemble.

Faut-il intervenir directement et massivement dans ce pays pour aider un gouvernement qui ne soit pas corrompu ?
Ou entretenir la pagaille pour le plaisir des grande compagnies minière et pétrolière des ancien pays colonisateurs ?

Il faut cesser de soutenir les Nabab du pays et des pays limitrophes .

Les richesse de l’Afrique profitent à qui ? aux Nabab de la finance. qui ne sont pas africains.
Une forme moderne de la colonisation  et la y-a comme un silence complice des situation de conflits dans le monde.

Pourquoi fait-on des pipelines pour le pétrole et pas pour transporter de l'eau là ou elle manque ?

Le reportage de BHL nous éclaire sur la situation politico-religieuse de ce pays :
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L'armée est complice. L'état-Major est Fulani.

L’évêque de Jos, qui s’est lui-même fait voler ses bêtes à trois reprises et qui, la troisième fois, a été traîné dans sa chambre, mis en joue et n’a dû son salut qu’à sa foi (il s’est jeté à genoux et s’est mis à prier, les yeux fermés, la voix très haute, jusqu’à ce que le bruit d’un hélicoptère couvre sa prière et chasse les assaillants), m’a raconté le déroulement, toujours le même, de ce qui m’apparaît, de plus en plus clairement, comme un nettoyage ethnique et religieux méthodique. Les Fulanis arrivent, le plus souvent de nuit. Ils sont pieds nus et, quand ils n’ont pas de moto, on ne les entend pas venir. Parfois, un chien donne l’alerte. Parfois, quand c’est de jour, un guetteur. Et, alors, c’est une galopade terrible ; un tournoiement de poussière ; des cris sauvages, comme s’ils avaient besoin de s’échauffer les uns les autres ; et, avant qu’on ait pu se barricader ou fuir, ils sont dans les maisons, machettant, courant vers les cris dans la nuit, cherchant les femmes enceintes, incendiant, pillant, violant. Ils ne tuent pas forcément tout le monde. A un moment, ils s’arrêtent. Ils récitent une sourate de circonstance, rassemblent les bêtes apeurées et s’en vont comme ils sont venus, très vite, les morts laissés en pâture. Il faut qu’il reste des vivants pour raconter. Il faut que demeurent des témoins pour dire, dans les villages, que les Fulanis sont capables de tout et ne craignent que Dieu.

A Abuja, capitale fédérale, ce sont dix-sept chefs de communauté chrétiens qui sont descendus me rencontrer, dans un compound discret de la périphérie de la ville. Certains ont voyagé plusieurs jours, dans des taxis-brousse ou des autobus bondés. Quelques-uns sont en retard car ils ont dû ruser avec les checkpoints de l’état d’urgence dans les Etats de Yobé et Adamawa, rouler de nuit et, une fois aux abords d’Abuja, se fondre dans la foule de cette ville où, pour certains, ils n’ont jamais mis les pieds. Mais ils ont fini par arriver, chacun avec une ou deux victimes. Ils sont là, épuisés et ardents, assemblée d’une quarantaine de femmes et d’hommes pénétrés de la gravité du moment, pleins d’attente, et venus, l’un avec une clef USB, l’autre avec un rapport manuscrit, le troisième avec un dossier de photos légendées, datées, qu’ils vont remettre, comme autant de bouteilles à la mer, à un inconnu dont ils ne savent rien mais qui sera peut-être le messager de leur souffrance. Je prends ces enregistrements. Je parcours ces documents. Je suis écrasé, moi-même, par le poids de cette espérance et de la tâche qu’ils me confient. Et s’il y avait, dans ces paquets de mots, ces feuilles volantes et ces mauvaises photos, l’amorce du mémorial où il faudra bien que soient consignées, un jour, les horreurs qu’ils ont subies ?

Pour l’heure, prenant la parole tour à tour, ces rescapés de l’enfer confirment le modus operandi décrit par l’évêque de Jos. Tous, à commencer par les victimes, avec leur regard vide qui semble dire qu’elles sont mortes même quand on les croit vivantes, ajoutent un détail affreux à ma moisson d’atrocités. Les cadavres mutilés des femmes. Ce muet à qui l’on demande d’abjurer sa foi et que l’on découpe, à la machette, pour lui arracher au moins un cri. Cette petite fille étranglée avec la chaîne de sa croix. Cette autre, fracassée contre un arbre, à l’entrée de son hameau. Et, chaque fois, cette banalité d’un mal dont eux-mêmes ne comprennent pas comment il a pu s’emparer de pâtres qui sont, eux aussi, après tout, des damnés de cette terre : l’appel des mosquées radicalisées par les Frères musulmans et qui se multiplient dans l’exacte mesure où les églises brûlent ? Le suprématisme peul ancestral chauffé à blanc par de mauvais bergers ? Ou juste la sauvagerie des hommes qui ne demande qu’à ressurgir quand on agite, sous leur nez, les maléfices ?
Abdallah : "Les chrétiens sont des chiens. Ils ont pris la religion des blancs."
Après l'attaque du village de Nghar (Etat du Plateau), le corps d'un homme est retrouvé à l'écart d'un charnier qui compte 86 morts.
Après l'attaque du village de Nghar (Etat du Plateau), le corps d'un homme est retrouvé à l'écart d'un charnier qui compte 86 morts. © DR

Je réalise, en tout cas, que c’est une vraie guerre que mènent, en fin de compte, les Fulanis. Et je comprends qu’il y a là un Boko Haram élargi ; un Boko Haram en extension et rampant ; un Boko Haram délocalisé, villagisé, démultiplié ; un Boko Haram qui a traversé les frontières où le monde le pensait cantonné et qui sème, partout, les graines de la tuerie ; bref, une forêt de crimes fulanis que cachait l’arbre de Boko Haram… Les deux sont liés, naturellement. Un humanitaire américain me parle même de stages « en brousse », dans l’Etat de Borno, pour volontaires fulanis. Un autre me dit qu’on a repéré, dans l’Etat de Bauchi, des « instructeurs » envoyés par Boko Haram pour initier les meilleurs des Fulanis au maniement des armes de guerre et leur permettre de dépasser l’âge des machettes. Mais les Fulanis, encore une fois, n’ont pas de frontières. Les Fulanis, c’est Boko Haram qui ne serait plus retranché dans un bastion équivalant à 4 ou 5 % du territoire. Les Fulanis, c’est la sauvagerie de Boko Haram étendue à tous les mécréants – chrétiens et musulmans – du Nigeria et, au-delà, du Tchad, du Niger et du Cameroun…

Souvent, dans les villages à l’ouest de Jos, sur la route de Kafanchan, j’ai demandé à voir les armes dont on dispose pour se défendre : des arcs et des frondes, des poignards, des bâtons, des fouets de cuir, des cailloux, des lances. Et encore ! Même ces armes de fortune, il faut les cacher ! Car, quand l’armée vient après les attaques, elle dit : « Interdit par la loi », et les confisque.

Plusieurs fois, j’ai noté qu’il y avait un poste militaire à proximité, censé protéger les civils contre les soldats de la brousse : mais les militaires ne sont pas venus ; ou ils sont venus, mais après la bataille ; ou ils ont prétendu n’avoir pas reçu à temps les SMS d’appel à l’aide, ou n’avoir pas eu ordre de faire mouvement, ou avoir été bloqués sur une piste impraticable.

« Comment en irait-il autrement ? » s’est indigné notre chauffeur tandis que nous partions en convoi vers Daku et son église incendiée. L’armée est complice des Fulanis. Ils marchent main dans la main. A Byei, il y a quelques années, après une attaque, on a même retrouvé dans le bush un matricule et un uniforme.

« Comment s’en étonner ? » a renchéri Dalyop Solomon Mwantiri, l’un des rares avocats de la région à s’être mis au service des victimes. L’état-major de l’armée nigériane est fulani. L’administration tout entière est noyautée par les Fulanis. Et le président Buhari, ce mixte africain d’Erdogan et MBS [Mohammed Ben Salman, prince héritier d’Arabie saoudite] qui a déjà régné, entre 1983 et 1985, à la suite d’un coup d’Etat et qui tient, aujourd’hui, grâce aux subsides d’Ankara, du Qatar et des Chinois, est lui-même un Fulani.

Cette complicité vient de se vérifier, dans le district de Riyom, pour quatre déplacés qui revenaient et ont été mitraillés près de Vwak. Les villageois connaissent les assaillants. La police les a identifiés. Tout le monde sait qu’ils ont trouvé refuge, après l’attaque, dans le village de Fass, 2 kilomètres plus loin. Mais ils sont sous la protection de l’« ardo », sorte d’émir local des Fulanis. Et aucune arrestation n’a été effectuée.

Elle s’est vérifiée, selon Sunday Abdu, chef coutumier des Irigwe, dans le district de Bassa, lors d’un assaut contre Nkiedonwhro. Les militaires sont venus, cette fois, prévenir qu’il y avait une menace. Mais ils ont ordonné aux femmes et aux enfants de se regrouper dans l’école. Et, quand le regroupement a été fait, l’un d’eux a tiré en l’air, comme s’il donnait un signal ; un deuxième tir a retenti, au loin, comme en réponse au sien ; et c’est quelques minutes plus tard, la troupe ayant quitté les lieux pour, se justifieront les officiers, donner la chasse aux assaillants, que ceux-ci ont surgi, sont allés directement à la salle de classe, ont tiré dans le tas et tué tout le monde.

Et puis je suis allé à Kwi, plus au sud, me recueillir sur la tombe de trois jeunes inhumés la veille. Le drame s’est noué le 20 avril. Ils venaient de repousser, à coups de bâtons, une attaque. La police – arrivée, comme à l’accoutumée, à l’heure des carabiniers – s’est gardée de poursuivre les agresseurs et les a embarqués, eux, les jeunes, avec quatorze de leurs voisins, pour « violences intercommunautaires ». Les quatorze sont réapparus assez vite, non sans avoir été copieusement torturés dans les locaux de la police. Mais eux demeuraient introuvables. Et c’est depuis quelques jours seulement que les villageois savent la vérité. On les a très tôt séparés des autres et tués. On a offert leurs corps à l’ECWA, l’hôpital de Jos. Et voilà donc des semaines que les étudiants en médecine faisaient, avec l’assentiment des autorités, des exercices d’anatomie sur leurs dépouilles démembrées, formolisées et stockées dans la glace. « Disposez-en comme vous voulez, a dit le responsable de la police quand on a fini, après moult enquêtes et expertises exigées par les villageois, par rendre ce qui restait des corps. Mais, si vous les enterrez, évitez les plaques et les croix. Interdiction de l’ardo ! »

J’ai vu, aussi, des Fulanis.
La première fois, ce fut par hasard. J’étais seul, avec Gilles Hertzog et un interprète, sans escorte, dans la Toyota qui nous menait à Godogodo. Nous sommes arrivés à un pont détruit qui nous a obligés à descendre dans le lit de la rivière jusqu’à une piste non carrossée. Et nous sommes tombés, en remontant vers la berge, sur un checkpoint constitué d’une corde tendue en travers de la piste et d’une paillote où somnolaient deux hommes en armes. « On ne passe pas, nous a signifié, en substance, le plus jeune, vêtu d’une vareuse piquée d’insignes en arabe et en turc. On est ici chez les Fulanis, terre sacrée d’Ousmane dan Fodio, notre roi, et les Blancs ne passent pas. » Ce souvenir du roi Fodio, dont les conquêtes, il y a deux siècles, aboutirent à l’instauration du califat de Sokoto, en pays peul et haoussa, je ne le croyais vivant que dans les Etats du Nord. Visiblement, non. Nous sommes à plusieurs centaines de kilomètres plus au sud. Et ce rêve d’un Etat islamique ressuscité sur les cadavres des animistes, des chrétiens et des musulmans qui résistent à la radicalisation a fait des émules jusqu’ici.

La deuxième fois, c’était aux portes d’Abuja. Nous roulions dans la campagne. Et nous sommes tombés sur un village qui ne ressemblait à rien de ce que nous avons vu en zone chrétienne. Un fossé. Une haie, derrière le fossé, d’arbustes et de pieux. Un côté claquemuré, retranché du monde. Et, au lieu des maisons, des cases d’où sort une nuée d’enfants et de mamans, couvertes de la tête aux pieds. Nous sommes dans un village de Fulanis sédentarisés. Nous sommes chez des nomades qui ne dédaignent pas, quand l’ennemi a fait place nette, de procéder à une fulanisation locale. « Que faites-vous ici ? nous interpelle, après quelques minutes, et tandis que nous feignons de nous intéresser à son champ de piments rouges, un adolescent surgi de nulle part et vêtu d’un tee-shirt avec une croix gammée. Vous profitez que c’est vendredi et que nous sommes à la mosquée pour venir espionner nos femmes ? C’est puni dans le Coran ! » Comme je lui demande si avoir une croix gammée sur la poitrine n’est pas, aussi, contraire aux enseignements du Coran, il marque un instant d’embarras. Puis se lance dans une diatribe d’où ressort qu’il est parfaitement conscient d’arborer un « insigne allemand » mais qu’à l’exception des « mauvaises âmes » qui « détestent les musulmans », il estime que « tous les hommes sont frères »…

Et puis j’ai vu des Fulanis à Lagos, donc dans le sud du pays. Il y a là, à la sortie du dernier quartier, dans une zone où l’on arrive après des heures de marche ou, ce qui revient au même, de « go slow », ces embouteillages monstres qui congestionnent la ville, un marché en plein air où ils viennent vendre leurs bêtes. Je suis avec trois jeunes chrétiens anglicans, rescapés d’un massacre dans la Middle Belt et qui vivent dans un camp de déplacés. Ils prétendent être des cousins, venus faire l’achat d’une bête en prévision d’une fête de famille. Et tandis qu’ils marchandent un zébu à cornes blanches (une demi-heure pour le faire passer de 1 600 à 1 200 dollars, puis une autre pour faire accepter que l’on n’en prenne livraison que le lendemain), je me mets en quête de Fulanis sachant raconter. La plupart sont, ce jour-là, partis de l’Etat de Jigawa, frontalier du Niger. Ils ont traversé le pays du nord au sud, en camion, pour conduire leurs bêtes jusqu’ici. Et, si je n’ai pas réussi à savoir grand-chose de leur périple, je n’ai guère eu de mal à leur faire dire la joie qu’ils ressentent à se trouver ici, à la lisière de cette ville honnie et promise, infecte et délicieuse – à pied d’œuvre pour, comme le leur ont ordonné leurs émirs, pouvoir enfin « tremper le Coran dans la mer ». Il y a « trop de chrétiens à Lagos », s’emporte Abdallah, le plus loquace, d’un air légèrement menaçant. « Les chrétiens sont des chiens et des fils de chiens. Vous dites les chrétiens. Mais, pour nous, ce sont des traîtres. Ils ont pris la religion des Blancs. Il n’y a pas de place, ici, pour les amis des Blancs, ces impurs. » Les bergers, autour de lui, opinent. Ils ont l’air convaincus, tout comme le marchand de cartes postales venu se joindre au groupe et me proposer des portraits d’Erdogan et de Ben Laden, que les chrétiens finiront par partir et que le Nigeria, alors, si Dieu le veut, sera libre…

On peut toujours, après cela, rapporter cette violence à d’immémoriales guerres interethniques.

Et j’imagine bien qu’il y a aussi eu, en rétorsion, des sévices infligés aux tribus peules et haoussas.
Reste le terrible sentiment, au bout de ce voyage, d’être revenu au temps, 2007, où les cavaliers de Khartoum semaient la mort dans les villages du Darfour ; ou, avant cela, au Soudan du Sud, quand la mort de John Garang n’avait pas encore donné le signal de la guerre totale des islamistes contre les chrétiens ; ou, encore avant, au Rwanda, en ces jours du printemps 1994 où nul ne voulait croire qu’était en marche le quatrième génocide du XXe siècle.

Laissera-t-on l’histoire se répéter au Nigeria ? Attendra-t-on, comme d’habitude, que le désastre soit consommé pour s’émouvoir ?
Et demeurera-t-on les bras croisés tandis que l’internationale islamiste, contenue en Asie, combattue en Europe, défaite en Syrie et en Irak, ouvre un nouveau front sur cette terre immense où ont coexisté, longtemps, les fils d’Abraham ? C’est tout l’enjeu de ce voyage au cœur des ténèbres nigérianes.
C’est tout le sens du SOS Chrétiens du Nigeria que je lance, ici, aujourd’hui.


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